
A l’instar de la communauté internationale, le Niger a célébré du 1er au 7 août 2026, la semaine mondiale de l’allaitement. Occasion pour le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique de tirer le bilan de la pratique dans les centres urbains et ruraux dans un pays où le taux d’allaitement maternel exclusif s’établit à 21, 8% selon les données de référence (enquête SMART).
A Diffa, région située à l’extrême sud-est du Niger, l’allaitement maternel exclusif est pratiqué par des mères allaitantes malgré la réticence encouragée par certaines pesanteurs socioculturelles.
Entre croyances traditionnelles, influences des ainées et contraintes professionnelles, l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six (6) mois connait une évolution en dent de scie à Diffa.
Jeudi 6 août 2026, il est 8 heures passé de quelques minutes au niveau du Centre de Santé Intégré de Diffa. Assise sur son bureau et prête pour commencer les consultations du jour, madame Maimouna Tchiroma Omar, point focal SR au district sanitaire de Diffa a voulu échanger avec notre équipe sur l’allaitement maternel exclusif.
D’entrée du jeu, l’agent de santé va droit au but : « Au Niger, la pratique de l’allaitement maternel est conçue comme universelle à la naissance mais l’allaitement maternel jusqu’à six mois reste faible ». Un état de fait qu’elle explique par des facteurs parmi lesquels, les croyances traditionnelles, l’influence des ainées et aussi les contraintes liées au travail. Ces facteurs font que toutes les femmes allaitantes ont du mal à allaiter leurs bébés exclusivement au lait maternel jusqu’à l’âge de six (6) mois. Des propos confirmés par Kaltoum, mère de six (6) enfants, qui a pratiqué l’allaitement maternel exclusif sur quatre (4) de ses enfants. « J’ai allaité quatre (4) de mes enfants exclusivement au lait maternel jusqu’à six (6) mois, chose que je pas pu faire aux deux autres, qui sont les plus âgés », a affirmé cette maman. Interrogée sur les raisons d’exclure deux (2) de ses enfants de l’allaitement exclusif, sa réponse a été simple et claire comme l’eau de roche. « J’ignorais l’importance de l’allaitement maternel exclusif à l’époque. ». Elle a constaté quand même une nette différence entre ses enfants a-t-elle soulignée . Les enfants qu’elle a allaité exclusivement au lait maternel pendant leurs premiers six (6) mois de naissance sont plus en forme, plus solides et plus en bonne santé que les autres.*

Contrairement à elle, Adji Kolo Tidjani, mère de quatre (4) enfants affirme que toute sa progéniture a bénéficié d’allaitement maternel exclusif. Chez elle, le résultat est sans appel. « Grâce à l’allaitement maternel exclusif, mes enfants ont grandi en bonne santé, leur croissance s’est bien déroulée et après les six mois, j’ai introduit progressivement une alimentation complémentaire adaptée tout en poursuivant l’allaitement également. Je peux dire qu’aujourd’hui que je suis convaincue que cette pratique a contribué à leur bon développement physique et à leur bien-être…, ».
Cette mère modèle est persuadée des avantages de l’allaitement maternel exclusif, « Je l’ai fait parce que le lait maternel est l’élément le plus complet pour le nourrisson, il protège les enfants contre plusieurs maladies, il renforce également leur système immunitaire, il favorise aussi leur croissance et crée un lien affectif très fort entre la mère et son enfant. Je lance un appel à toutes les mamans, à toutes les femmes et toutes les futures mamans à penser à l’allaitement maternel exclusif pour le bien-être de nos enfants et leur croissance ».
Au niveau du district sanitaire de Diffa, la semaine mondiale de l’allaitement reste une occasion pour intensifier la sensibilisation envers le public cible sur le bienfait du lait maternel, précise Mme Maimouna Tchiroma Oumar. La point focale SR d’ajouter que lors des séances de sensibilisation, les agents de santé mettent l’accent sur les avantages de l’allaitement maternel exclusif pour l’enfant, la mère voire toute la famille. « Pour la mère, l’allaitement exclusif favorise l’évolution utérine, permet d’espacer les naissances, diminue le risque du cancer des seins et de l’ovaire. Pour la famille, c’est aussi une économie d’argent et le risque d’hospitalisation diminue chez l’enfant ».

Avec la sensibilisation en permanence, les professionnels de la santé sont persuadés que les facteurs de résistance disparaitront avec le temps et l’objectif mondial d’atteindre 50% de bébés allaités exclusivement au lait maternel pendant les six premiers mois fixé par l’OMS est possible au Niger.
Kabirou Cheffou Zara









