
L’organisation internationale travaillant sur les questions de la santé de la reproduction en synergie avec les ministères en charge de la santé dans 12 pays de l’Afrique francophone et Madagascar, IPAS, en partenariat avec la Coalition des Acteurs pour le Repositionnement de la Planification Familiale (CAR/PF) a organisé du 29 au 30 Septembre 2026 à Niamey, un atelier de formation de journalistes sur les Droits de la Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR). L’activité s’inscrit dans le cadre d’un programme ouest africain qui s’étale sur cinq (5) pays : le Niger, le Mali, la Mauritanie, le Sénégal et le Tchad.
Planification familiale, mariage forcé et/ou d’enfants ainsi que l’avortement ont constitué les principaux sujets autour desquels, experts en droits de Santé Sexuelle et Reproductive, religieux, professionnels du droit et journalistes ont échangé, les 29 et 30 septembre derniers.
Deux (2) jours durant, les professionnels des médias se sont familiarisés sur les instruments juridiques et les versets religieux qui encadrent la protection de la personne humaine en général et de la femme, des enfants, des adolescentes et des jeunes en particulier. Désormais bien outillés, les acteurs des médias se sont engagés à multiplier des productions de qualité sur les DSSR.
Dans sa présentation sur les instruments Juridiques internationaux,régionaux et nationaux, Dr Zara a souligné que le nouveau code pénal nigérien adopté en 2026 contient désormais une disposition autorisant l’avortement qui concerne notamment les grossesses issues de l’inceste ou du viol.
En ce qui concerne la santé de la mère, lorsque les médecins attestent que l’enfant en gestation manifeste de problème de malformation, une situation qui peut mettre en danger la vie de la mère, sur recommandation du collège médical, la grossesse peut bel et bien être interrompue. Une pratique autorisée également par la religion musulmane. Dans ce cas de figure, la grossesse doit être interrompue dans les trois (3) premiers mois, soit 120 jours, a précisé cheikh Bachir.
C’est sur ces sujets jadis tabous et très peu développés que les professionnels des médias ont été édifiés pour qu’à leur tour, qu’ils relayent l’information auprès des populations qui ont parfois du mal à comprendre ou ignorent les textes juridiques, tout comme la méconnaissance de la vision de l’Islam et du Christianisme sur les Droits de la Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR).
Quant à l’accès aux contraceptifs, ces produits que les femmes prennent pour espacer les naissances, les participants ont été éclairés sur les avantages de l’espacement de naissance. Une pratique autorisée également par la religion de même que la planification familiale. Celle dernière, selon les spécialistes permet à l’enfant de grandir normalement, à la maman de se reposer et de suivre l’évolution de son enfant et réduire les dépenses liées à la santé pour le couple.
« Beaucoup d’entre nous pensaient que l’avortement comme enseigné par la religion musulmane est totalement interdit quel que soit la situation », dixit Tsahirou Youssouf, participant à l’atelier.

En misant sur les journalistes, les organisateurs restent persuadés que les connaissances acquises seront relayées auprès des différentes cibles. Il s’agit là, de sensibiliser les réfracteurs qui méconnaissent encore les progrès enregistrés sur le plan juridique tout comme certaines interprétations erronées faites des versets religieux sur les Droits à la Santé Sexuelle et Reproductive.
Partenaire d’IPAS dans l’organisation de l’atelier, la Coalition des Acteurs pour le Repositionnement de la Planification Familiale (CAR/PF) est persuadée que former les journalistes est bénéfique à plus d’un titre. Les médias sont des acteurs clés dans la sensibilisation des populations en ce qui concerne les Droits sur la Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR). La CAR/PF est rassurée de frapper à la bonne porte « ces médias ont été ouverts d’esprit et ils ont même pris l’engagement de mener des productions sur les Droits de la Santé Sexuelle et Reproductive et aussi de sensibiliser les populations par rapport à la planification familiale. À travers cet engagement, c’est des pistes de partenariat qui se nouent entre nous », a laissé entendre Dourfaye Halimatou, vice-présidente du Conseil d’Administration de la CAR/PF qui ajoute que les portes de sa structure restent grandement ouvertes pour les médias dans leur quête des bonnes informations sur les DSSR.
Pour IPAS section Afrique francophone dont le siège est basé en Côte d’Ivoire, à travers cet atelier, il est question d’accompagner les dynamiques pays notamment le ministère de la santé et les partenaires qui travaillent sur la santé afin d’améliorer les soins de qualité, réduire la mortalité maternelle en lien avec les questions de la planification familiale et les avortements clandestins.
« Pour booster les DSSR, il faut améliorer la qualité des productions médiatiques sur les questions liées à la santé de la reproduction en général et la planification familiale en particulier, afin qu’il y ait une meilleure information pour le public et créer un environnement favorable sur les Droits de la Santé Sexuelle et Reproductive au Niger. Les médias alertent les décideurs et édifient les populations à opérer des meilleurs choix…, » estime M. Sorro Aboudou, coordonnateur régional sur les questions de politiques, plaidoyers et partenariats pour IPAS Afrique francophone.
A l’issue de l’atelier, les journalistes ont pris l’engagement d’accompagner les structures œuvrant dans la promotion des Droits de la Santé Sexuelle et Reproductive (DSSR) à travers des productions de qualité.
Ibrahim Moussa














