La lutte contre la malnutrition reste un combat de longue haleine au Niger. Selon l’enquête SMART 2025, la malnutrition demeure l’une des principales causes associées de mortalité infantile. Chaque année, c’est entre 350.000 et 400.000 enfants souffrant de la malnutrition aiguë sévère qui sont pris en charge dans des structures sanitaires du pays.
Face à ces chiffres alarmants, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique et ses partenaires traditionnels tels que l’Unicef, le PAM et Action Contre la faim (ACF) Espagne déclarent une guerre sans merci contre la fraude et la vente illicite des intrants nutritionnels.
A cet effet, un atelier de deux (2) jours a débuté ce mercredi 12 août 2026 à Niamey. Il se penchera sur la validation du Plan de Communication 2026-2027 contre ces deux pratiques qui anéantissent les efforts que déploient l’ensemble des acteurs dans la lutte contre la malnutrition. Il a réuni des cadres du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, des Partenaires Techniques et Financiers ainsi que des représentants des structures de la société civile.
En ouvrant les travaux dudit atelier, le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique M. Abdoulaye Alhassane a souligné l’importance des produits à protéger tout le temps que durera cette guerre. « Dans ce combat, les intrants nutritionnels, notamment les Aliments Supplémentaires Prêts à l’Emploi, constituent des éléments essentiels de traitement et de prise en charge ». Donc protéger les intrants nutritionnels, c’est contribuer à protéger des milliers d’enfants victimes de la malnutrition. Ce qui par ricochet permettra au Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique d’atteindre son objectif, qui est de faire en sorte qu’aucun enfant nigérien ne soit privé du traitement qui peut lui sauver la vie.
Le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique a mis en évidence, les facteurs qui favorisent et accentuent le trafic des intrants nutritionnels. « Il est alimenté par des facteurs comportementaux, économiques et institutionnels tels que : la banalisation de l’achat et de la revente, la faible perception du risque pour les enfants malnutris, la méconnaissance du caractère gratuit et thérapeutique des produits, l’insuffisance des mécanismes de signalement, la crainte de dénoncer, mais aussi la faiblesse du suivi communautaire et le déficit de redevabilité dans la chaine de gestion ».
Auparavant, la Représentante Adjointe par Intérim de l’Unicef Mme Raissa Edwige Vanian a touché du doigt les conséquences du trafic et de la vente illicite des intrants nutritionnels. « Derrière chaque intrant nutritionnel détourné ou vendu illicitement, il y a potentiellement un enfant qui risque de ne pas recevoir le traitement dont il a besoin ».

Pour atténuer voire mettre fin à ce fléau qui a trop duré, Mme Raissa Edwige Vanin est persuadée qu’il faut une réponse collective qui s’appesantira sur la communication. Cette dernière doit mobiliser les services de santé, les autorités administratives, les collectivités territoriales, les services de sécurité et de justice, les acteurs du commerce, les leaders traditionnels et religieux, les organisations de la société civile, les partenaires et les communautés.
Il est attendu de cet atelier, un plan qui clarifie des responsabilités, proposant des messages adaptés aux réalités des communautés, facilitant le signalement des pratiques illicites et permettre de mesurer les changements produits dans les comportements et les pratiques.
Au Niger, les coûts annuels associés à la sous-nutrition chez l’enfant sont estimés à 289,7 milliards de francs CFA, soit 7,1% du Produit Intérieur Brut (PIB).
Lutter contre la malnutrition, c’est aussi un investissement stratégique pour l’avenir du Niger et le développement de son capital humain, estime le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique.
Ibrahim Moussa









