Les régulateurs des 3 pays de l’AES (Burkina Faso, Mali et Niger) se sont réunis les 18 et 19 septembre 2026 à l’Hôtel Bravia de Niamey pour mettre en place la Plate-forme des régulateurs des Médias et de la communication des pays membres de l’AES. Organisé sur le thème très stratégique de « La souveraineté informationnelle des Etats de l’AES : Enjeux, défis et perspectives », cet atelier vise à poser les jalons d’une coordination de la lutte contre la désinformation et les fake news dans l’espace AES, en mettant en place un dispositif de veille informationnelle, pour contenir les perversités déversées dans nos pays par une certaine presse occidentale, aux soldes des forces obscurantistes en lutte contre notre émancipation et notre développement.
Avant tout débat, un état des lieux dd la situation a d’abord été fait par les trois présidents des autorités de régulation de l’AES, d’abord sur l’ampleur du phénomène et ses effets pervers sur la bonne marche de la construction d’une AES forte, unie et souveraine, puis sur les mesures prises à chaque cas de violation des règles d’éthique et de déontologie des journalistes par ces structures habilitées, ainsi que les effets produits.
Il ressort des différents exposés des 3 présidents la nécessité de mieux coordonner la lutte contre la désinformation, à travers un cadre formalisé et unitaire, où chaque acte de désinformation recevra la réponse appropriée qui sied à la situation. Et cela dans l’ensemble de l’espace AES. Cet objectif passe naturellement par la création d’une synergie d’actions, mais aussi une mise en commun des expériences et des moyens dans le cadre d’une régulation transfrontalière AES, qui n’empêche pas du reste aux instances de régulation de chaque pays de continuer à jouer leur rôle d’organes de veille informationnelle.
Après d’intenses travaux, des échanges d’expériences sur l’état de la régulation dans les différents pays membres, ont été faits. Dans son exposé, le Président de l’Observatoire Nigérien de la Communication, Ibrahim Manzo Diallo, dont le pays abrite le premier forum, mais qui a eu aussi le grand mérite d’initier cette démarche de coordination, a tenu à partager avec les participants au forum l’expérience très documentée du Niger, en matière de monitoring des contenus des médias, en vue du suivi des questions d’éthique et de déontologie pendant les périodes troubles des attaques perfides sur la base 101 de l’Aéroport International Diori Hamani de Niamey. Pour rappel, elles ont eu lieu les nuits du 28 au 29 Janvier, puis celle du 18 au 19 juin et la toute dernière la nuit du 28 au 29 juin 2026. Il est à noter que chacune des attaques est couverte chaque fois par la presse occidentale avec un narratif très défavorable, avec une intention manifeste de salir l’image des régimes en place des trois pays de l’AES, puis avec les dernières attaques au Mali et au Niger, de tenter de renverser les deux régimes par la force, puis de semer la confusion sur la nature des assaillants et leurs motivations.

Cette perfidie qui, au regard de la nature de l’agresseur, ne fait que commencer, ne doit laisser aucun patriote indifférent. C’est sans doute pourquoi les régulateurs de l’AES ont décidé de prendre le taureau par les cornes, en inventant cette plate-forme, qui sera désormais le dispositif de veille de la presse AES pour apporter une réponse concrète et en temps réel, aux agressions de la presse hexagonale, dont nos pays font quotidiennement l’objet. En plus des discours peu amen sur les institutions de nos Etats et leurs directions politiques, ils s’attaquent tous azimuts sur les efforts que nous faisons pour sortir de leurs griffes.
À l’issue des travaux, qui se sont déroulés dans une ambiance décontractée et conviviale, les statuts et règlement intérieur de la plate-forme, ainsi que l’organe exécutif ont été mis en place pour rendre la plate-forme immédiatement opérationnelle. Et c’est Niamey, qui a eu le mérite d’organiser la première session et la création de la plate-forme qui abritera le siège ; tandis que la présidence revient au président de la Haute Autorité (HAC) du Mali Gaoussou Coulibaly, doyen d’âge parmi les trois présidents. Il a été élu à la tête de la plate-forme pour un mandat de deux (2) ans, à l’issue de la conférence des présidents, qui a précédé la fin de la session. La succession suivra l’ordre du droit d’ainesse, pour passer au burkinabè, et en troisième position le président nigérien de l’ONC.
Le rôle du Président sera non seulement de coordonner le fonctionnement de la plate-forme, avec les 2 autres des pays de l’AES et un secrétariat exécutif, dans les activités de lutte contre la désinformation et les fake news dans l’espace AES, mais aussi de veiller à rétablir la vérité sur certains montages grotesques, mais intéressés, puis la production d’un narratif plus objectif sur nos luttes et nos préoccupations ; un narratif plus conforme à la vision politique de l’AES dans ses actes fondateurs. Il ne s’agit pas seulement de contenir les discours agressifs d’une certaine presse occidentale et ses supplétifs africains, qui visent à saper le moral des forces combattantes de l’AES, décourager les populations sahéliennes et les pousser à la résignation, ou saper les institutions et leurs assises, etc. Il s’agira aussi de produire un discours alternatif crédible, sain, fondé sur des faits, qui donne une information propre sur ce qui se passe de bien aussi dans nos pays, à mille lieues de la propagande contre l’Afrique.
Avec la naissance de cette plate-forme, c’est un grand pas qui vient d’être franchi dans la lutte contre la désinformation et ses effets pervers, mais c’est aussi une armée sahélienne de veille pour protéger, avec ses plumes, qui seront les nouveaux missiles patriotes des populations de l’AES, contre les effets toxiques de la désinformation, dont certains médias africains qui manquent de dignité sont aussi mis à contribution dans cette opération de déstabilisation.
Ibrahim Manzo














