
Le colonel Mahaman Elhadj Ousmane a transmis mardi 22 septembre 2026, les responsabilités du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage au colonel Bilaly Elhadj Gambobo. Au-delà du changement de titulaire, la cérémonie a surtout mis en lumière la nécessité de poursuivre les chantiers engagés dans un secteur placé au cœur des ambitions de souveraineté alimentaire du Niger.
Une transition dans un secteur stratégique
Le ministère de l’Agriculture et de l’Élevage change de responsable, mais pas de cap affiché. La passation de service entre le colonel Mahaman Elhadj Ousmane et le colonel Bilaly Elhadj Gambobo s’est tenue à Niamey dans la salle de réunion du cabinet, en présence de l’Inspecteur d’État désigné pour superviser la cérémonie. Elle fait suite au réaménagement du gouvernement annoncé le 15 septembre 2026, au terme duquel Bilaly Elhadj Gambobo a été nommé à la tête du département en remplacement de Mahaman Elhadj Ousmane.
Des dossiers à poursuivre
Dans son intervention, le ministre sortant a présenté son départ comme une étape dans la continuité de l’action publique. Il a remercié les cadres et les agents qui l’ont accompagné et les a encouragés à maintenir leur engagement auprès du nouveau responsable du département.
Son message insiste notamment sur la nécessité de ne pas laisser en suspens les projets déjà engagés. Les chantiers agricoles, les aménagements hydro-agricoles et les actions destinées à renforcer la production doivent, selon l’esprit de son intervention, être considérés comme des engagements collectifs plutôt que comme l’œuvre d’un seul ministre.
L’irrigation au cœur de la bataille agricole
Le parcours du nouveau ministre donne à cette question une résonance particulière. Avant d’entrer au gouvernement, Bilaly Elhadj Gambobo dirigeait l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA), un organisme directement impliqué dans le développement et la réhabilitation des périmètres irrigués.

En 2024, alors qu’il était à la tête de l’ONAHA, il expliquait que le Programme de Grande Irrigation devait permettre de passer de 18 500 hectares de périmètres aménagés à 42 000 hectares sur la période 2024-2027. Il avait également présenté l’objectif d’accroître fortement l’autosuffisance du Niger en riz.
Une expérience de terrain pour le nouveau ministre
Avant sa nomination, Bilaly Elhadj Gambobo a été associé à plusieurs opérations conduites sur les aménagements hydro-agricoles. En août 2026, il accompagnait notamment les autorités de Dosso lors de la réception d’équipements destinés à la mise en valeur de mille forages agricoles dans le Dallol Bosso. Le projet vise à développer les capacités de production de cette zone et à contribuer à l’objectif d’autosuffisance alimentaire.
Quelques semaines auparavant, il participait également au suivi de travaux sur des sites hydro-agricoles de la région de Dosso, notamment à Bossadjé, où une réhabilitation de 25 hectares et une extension de 75 hectares étaient annoncées.
Du producteur au consommateur
Le développement de la production agricole ne se limite toutefois pas aux infrastructures. La valorisation des récoltes et l’accès des ménages aux produits locaux constituent également un enjeu. Sous la direction de Bilaly Elhadj Gambobo à l’ONAHA, l’Office a participé en 2026 à des opérations de mise en vente de riz produit localement. Une première opération « Spécial Ramadan » avait permis d’écouler 3 000 tonnes de riz blanc, soit 120 000 sacs de 25 kilogrammes.
Cette orientation s’inscrit dans une logique plus large de développement de la riziculture irriguée, d’amélioration des aménagements et de soutien aux producteurs, thèmes régulièrement mis en avant par l’ONAHA.
Un nouveau ministre appelé à poursuivre les chantiers
En recevant les charges, le colonel Bilaly Elhadj Gambobo a exprimé sa reconnaissance envers les autorités pour la confiance placée en lui. Il a indiqué sa volonté de s’investir pleinement dans la mission qui lui est confiée et de travailler avec les cadres du ministère.

Cette volonté de s’appuyer sur les compétences déjà présentes au sein du département rejoint l’un des messages forts du ministre sortant : les résultats dans l’agriculture et l’élevage reposent sur un travail collectif et sur la continuité des actions engagées.
Le nouveau ministre prend ainsi les commandes d’un département dont la feuille de route reste particulièrement large : accroissement de la production, développement de l’irrigation, accompagnement des producteurs, amélioration des chaînes de valeur et renforcement des productions animales. Le ministère présente d’ailleurs le développement des productions animales comme couvrant notamment la santé animale, l’hygiène des denrées, l’accroissement des productions et la gestion des parcours pastoraux.
Une nouvelle étape
Le changement intervenu à la tête du ministère ne constitue donc pas un redémarrage à zéro. Le nouveau titulaire arrive avec une connaissance directe de plusieurs dossiers techniques du département, tandis que son prédécesseur, lui laisse des programmes déjà engagés et des chantiers à poursuivre.
La suite permettra de mesurer la manière dont cette nouvelle équipe traduira ces orientations en résultats concrets pour les producteurs, les éleveurs et les consommateurs.
Zeinabou Abdou Saidou














