
Avec sa double casquette d’ingénieur en informatique et en architecture, madame Kamara Mariam Issoufou Mahamadou a vite fait le pari de concilier les deux domaines, juste après ses études supérieures. Pour elle les logiciels et les signes conçus en informatique sont en réalité des architectures virtuelles qui peuvent être matérialisées dans la vie réelle, et de surcroît dans le domaine de logement. Ce fut ainsi pour elle le point de départ d’intenses travaux de recherches et de réflexions qui finiront par aboutir sur une trouvaille exceptionnelle qui fait parler d’elle aujourd’hui à l’échelon mondial , à savoir utiliser la terre et argile pour une architecture moderne, répondant à toutes les normes. Inspirée des bâtisses de la région d’Agadez, notamment la célèbre mosquée de ladite région qui se tient encore débout et toute robuste après avoir traversé des décennies dans le temps en dépit des intempéries et de la corrosion, Mariam Issoufou Mahamadou a démontré que l’Afrique peut se servir de ses ressources naturelles pour résoudre le problème de logement. Elle a mis sur pied une recette qui consiste à utiliser la terre et l’argile pour construire des logements qui répondent à toutes les normes architecturales et techniques en termes de designs, de résistance et de confort. Mais au-delà de ces aspects le modèle de bâtiments de Mariam Mahamadou offre surtout avantages économiques et sociaux considérables. En effet, du fait de leurs éléments constitutifs de base, ces logements n’ont nullement besoin de climatisation pour adoucir la température ambiante et leur conception tient compte de des valeurs culturelles africaines et des pratique quotidiennes pour garder et l’interaction sociale habituelle dans la communauté et tout ceci à moindre coût( 30% moins chères que les constructions en matériaux dit définitifs) étant entendu que tous les matériaux sont disponibles et à portée de mains.
Cette trouvaille a valu à Mariam Issoufou Mahamadou plusieurs distinctions à l’échelle mondiale et au niveau du continent. Elle a été couronnée Championne de la Terre par l’ONU en 2025 et classée parmi les 15 femmes les plus créatrices dans le monde entre autres.
Pour faire bénéficier au Niger de son expertise, elle a construit une cité à Niamey composées de plusieurs villas qu’elle a gracieusement mise à la disposition de certains ménages à faibles revenus. Dans le village de Dan Dadji, son bled d’origine elle a repris la grande mosquée de vendredi pour lui donner une nouvelle architecture, au grand bonheur y compris d’autres villages environnants qui se retrouvent tous les vendredis pour accomplir leurs rites. Non loin de la mosquée elle a construit toujours à base de la terre et de l’argile un centre d’apprentissage et une grande bibliothèque.
Au-delà de la personne de Mariam, cette découverte honore le Niger tout en entier. Mais le plus important réside dans la suite que le Niger, voire l’Afrique va donner à cette recette qui est sans conteste une aubaine à saisir, surtout en cette de ère où nos États aspirent à la souveraineté et à la valorisation de nos propres valeurs. Le Niger doit s’approprier ce modèle pour en faire un vaste projet pour renforcer notre politique d’urbanisation en tirant le profit pour les populations, mais pas que le Niger, l’Afrique toute entière doit en faire la promotion.
Adoum Boulkassoum














