Alternative Espace Citoyen (AEC) et le Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse Budgétaire (ROTAB) organisent du 11 au 13 septembre 2026 à l’espace Frantz Fanon d’AEC, la Session budgétaire citoyenne 2026. Cette rencontre réunit des représentants des plateformes paysannes, des organisations de la société civile et d’autres acteurs venus des huit (8) régions du Niger autour des enjeux liés à la gestion des finances publiques.
La session qui a pour thème : « Financer les secteurs sociaux dans un contexte d’insécurité » vise à renforcer la compréhension des citoyens sur le budget de l’État et à favoriser leur participation au suivi de la gestion des ressources publiques.
Au cours des trois jours que dureront les travaux, les participants seront édifiés sur plusieurs thématiques dont entre autres, les enjeux de la session budgétaire citoyenne, la mobilisation de la fiscalité dans les industries extractives, la mobilisation des ressources locales et la lutte contre la corruption.
Dans son mot introductif, M. Thierno Boulama Hamadou, chargé de programme à Alternative Espace Citoyen s’est réjoui de la tenue de cette session budgétaire annuelle.
Dans sa communication M. Boukar Hassane, responsable du département Politique et Transparence Budgétaire à Alternative Espace Citoyen, s’est appesanti sur l’ordonnance …cette communication a permis aux participants de mieux comprendre les grandes lignes du budget national de l’année 2026. L’exposé a notamment porté sur le niveau des recettes propres de l’État, la dette extérieure, les ressources mobilisées ainsi que les crédits alloués aux différents départements ministériels et les appuis des partenaires.
Selon les données présentées au cours de cette session, les recettes fiscales attendues en 2026 se répartissent notamment entre plusieurs secteurs. Elles s’élèvent à 539,50 milliards de FCFA pour le pétrole, 82,32 milliards pour les télécommunications, 40,68 milliards pour les mines et 39,34 milliards pour les banques. La dette extérieure du Niger est, quant à elle, estimée à 842 milliards de FCFA.
La présentation a suscité plusieurs questions de la part des participants, désireux de mieux comprendre les mécanismes d’élaboration et de répartition du budget national. Ibrahim Chetima, de la coopérative agricole Kalkaria de Diffa, s’est notamment interrogé sur les modalités d’allocation des ressources aux différents ministères.

En réponse, le panéliste a expliqué que la lecture du budget ne doit pas se limiter aux seuls chiffres inscrits dans la loi de finances. Selon lui, derrière chaque ligne budgétaire se trouve tout un processus de planification et de travail préalable ayant conduit à l’élaboration du budget.
Le deuxième panel de la journée, animé par Aissami Tchiroma du ROTAB, a porté sur les enjeux et les défis liés à la mobilisation de la fiscalité dans les industries extractives. D’entrée de jeu, l’intervenant a évoqué la notion de « malédiction des ressources », qui renvoie à la situation de pays disposant d’importantes ressources naturelles mais confrontés paradoxalement à la pauvreté et aux difficultés de développement.
Aissami Tchiroma a ensuite identifié trois principaux enjeux liés à la mobilisation fiscale dans les industries extractives : la capacité à générer davantage de ressources, leur répartition et l’application d’une fiscalité optimale. Il a également abordé les différents défis qui se posent dans ce domaine, notamment ceux liés aux mécanismes directs et indirects de mobilisation des recettes.
La première journée s’est achevée par un troisième panel consacré à la mobilisation des ressources locales : entre faiblesses institutionnelles et contraintes locales. Animée par Siradji Oumarou, ancien élu local, cette session a permis aux participants de mieux cerner les difficultés auxquelles sont confrontées les collectivités dans la mobilisation de leurs ressources.
À travers des exemples tirés de son expérience à la tête d’une commune rurale, l’ancien maire a mis en lumière les contraintes institutionnelles, économiques et sociales qui peuvent limiter la capacité des collectivités locales à mobiliser suffisamment de ressources pour répondre aux besoins des populations.
Au-delà des chiffres et des mécanismes budgétaires, cette Session budgétaire citoyenne constitue ainsi un espace d’échanges entre acteurs de la société civile, organisations paysannes et citoyens sur les moyens d’améliorer la transparence, la mobilisation et la gestion des ressources publiques, particulièrement dans un contexte marqué par l’insécurité et des besoins sociaux croissants.
Hamadou Harouna














