Le 15 septembre 2026, le Président de la République Chef de l’Etat, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a opéré un remaniement technique du Gouvernement. A l’issue de ce remaniement quatre ministres ont été remplacés dans l’équipe gouvernementale. Le lendemain soit le 16 septembre 2026, trois des directeurs stratégiques de quatre ministres remerciés sont également remplacés, suscitant de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique nationale. En réalité des guerres d’égos, des conflits de compétences et des empiètements d’attributions, ont pourri les relations fonctionnelles entre les ministres concernés et des directeurs des structures stratégiques relevant de la tutelle de leurs ministères. Ce remaniement technique pose donc la problématique des rapports entre Ministères de tutelle et certaines structures jugées juteuses relevant de leur autorité. Ce réaménagement doit surtout servir de leçons aux autres membres du Gouvernement qui sont dans des situations conflictuelles ou qui sont tentés d’outrepasser les limites que leur imposent les lois et règlements de la République.
La particularité du remaniement technique du gouvernement intervenu le 15 septembre 2026 réside dans le fait sur les quatre ministres qui ont été remplacés trois ont emporté dans leurs départs des directeurs de certaines structures stratégiques rattachés à leurs ministères.
La Ministre de l’énergie sortante, Pr Haoua Amadou, a été remerciée en même temps que Mme Fati Abarchi, Directrice sortante de la Société Nigérienne d’électricité (NIGELEC), une structure stratégique relevant de la tutelle du Ministère de l’énergie. Les deux responsables entretiennent des rapports conflictuels exécrables, selon des sources bien informées, notamment dans la gestion des infrastructures. De nombreux arbitrages et conciliabules à des hauts niveaux n’ont pas pu mettre fin à leur conflit qui paralysait souvent l’avancée de certains grands dossiers.
C’est certainement ces rapports tendus entre les deux personnalités qui ont fini par les emporter l’un après l’autre. Il faut dire que le Président Tiani a inscrit en bonne place la souveraineté énergétique de notre pays et se bat, avec de lourds investissements de faire de cet objectif une réalité. Malheureusement les égos des deux hautes personnalités limogées et des conflits d’intérêts ont contrarié l’atteinte de cet objectif pendant que la situation énergétique sur le terrain, notamment de la desserte en énergie électrique se dégrade avec des coupures récurrentes ou des interruptions prolongées de courant électrique à Niamey, Agadez et Diffa.
Même scénario au Ministère de la Communication et de nouvelles technologies de l’Information. Les rapports entre le Ministre sortant, M. Adji Ali Salatou et la Directrice de l’Agence Nationale pour la Société de l’information (ANSI) Mme Anne-Rachelle Inné étaient des plus conflictuels. Depuis le rattachement de l’ANSI au Ministère de la communication et des nouvelles technologies de l’information, la Directrice de la structure a vu peu à peu ses marges de compétences réduites. Le Ministre Adji Ali Salatou, lui-même ancien Directeur général de l’ANSI, avait trop d’emprise sur la structure sur laquelle il avait les yeux rivés, contrariant les ambitions que portait la fonctionnaire onusienne nommée en 2025 à ce poste stratégique.
Du coup, l’ANSI qui a pour mission principale de concevoir, coordonner et exécuter la politique nationale de développement du numérique et de modernisation de l’administration était bloquée dans la mise en œuvre de certains de ses projets dont celui des data centers. Selon des sources concordantes, c’est ce conflit qui a provoqué le départ du Ministre Adji Ali Salatou suivi de celui de la directrice de l’ANSI qui a déjà pris ses distances bien avant qu’elle ne soit remplacée.
Le départ du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, le Colonel Mahaman Elhadj Ousmane trouve également son explication, selon des sources bien informées, dans les rapports tendus qu’il entretient avec le Directeur de l’ONAHA, le Colonel Bilaly Elhadj Gambobo qui l’a remplacé à ce poste.
Il s’agit vraisemblablement d’une guerre d’égos, chacun des deux se sentant investis de la mission de réussir le projet phare de la grande irrigation du Président de la République. Selon des sources au parfum du conflit, le Ministère de tutelle ne s’empressait pas de répondre aux dossiers transmis par la Direction de l’ONAHA, office chargé de l’exécution des chantiers de la grande irrigation. Ce qui enflammait souvent les tensions qui étaient perceptibles à la passation de service. Du reste le nouveau locataire du Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage a laissé entendre qu’il ne se laissera pas faire, une façon d’avertir les agents de ce ministère sur les préjugés déjà entendus au sujet de ce département stratégique de la Refondation.
L’un dans l’autre, le réaménagement ministériel intervenu le 15 septembre 2026 traduit la persistance de certaines pratiques qui jurent avec la lettre et l’esprit de la refondation. Conflits de compétences, guerre d’égos, conflits d’intérêts, empiètements sur des attributions sont les dessous de ce remaniement qui a emporté quatre ministres et trois (3) Directeurs de structures stratégiques.
Il s’agit donc d’un avertissement pour les autres membres du gouvernement qui rivalisent avec des directeurs des structures sous tutelles pour des questions d’intérêts, notamment d’attribution de marchés d’avantages non prévus par la loi ou pour des raisons fallacieuses qui loquent systématiquement la mise en œuvre de certains projets phares du Programme de la Refondation de la République du Président de la République.
Adoum Boulkassoum













