
Le 25 septembre 2026, le Premier Ministre, M. Ali Mahamane Lamine Zeine, a porté haut le message du Niger à la Tribune de la 81ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Son message, retentissant, était articulé sur les menaces terroristes qui affectent le Sahel, les rapports de coopération déséquilibrés entre États, les faiblesses du système des Nations Unies, la situation socioéconomique du Niger et les réformes en cours dans l’espace sahélien et particulièrement au Niger. M. Zeine a plaidé à cette occasion, pour une réforme du système des Nations Unies, pour la paix, le libre choix des partenariats, le respect mutuel entre États, annonçant solennellement que « Le Niger ne cherche l’affrontement avec aucun pays. Il ouvre les bras à tous les partenaires qui souhaitent construire une relation nouvelle, fondée sur l’égalité, la réciprocité et l’intérêt mutuel».
Une situation sécuritaire complexe sur fond de guerre géopolitique
M. Ali Mahamane Lamine Zeine a d’abord planté le décor de la situation sécuritaire au Sahel. Il a soutenu à la tribune des Nations Unies que «Notre Sahel est en guerre de libération contre une conspiration visant sa recolonisation !»
Pour le Premier Ministre, « Ce qui se passe au Sahel n’est ni une simple rébellion armée, ni une guerre de religion, ni une fatalité issue de nos propres faiblesses. Ce que d’aucuns appellent «terrorisme» dans notre région est une ingénierie cynique de recolonisation, habillée des oripeaux de l’extrémisme, mais dont la motivation réelle se trouve ailleurs : dans la convoitise de nos ressources ».
Derrière le terrorisme se cachent des puissances que M. Ali Mahamane Lamine Zeine n’hésitera pas à pointer du doigt. « Cette entreprise perfide de déstabilisation du Sahel central, conduite par la France avec la complicité active de l’Ukraine, est désormais documentée. Cette entreprise criminelle est démasquée dès lors que les élites militaires et politico-médiatiques qui la justifient au nom des intérêts de leurs propres pays ont, elles-mêmes, levé le voile », a-t-il révélé.
Le Premier Ministre nigérien de proclamer face à ces menaces multiformes que «le Sahel voit. Le Sahel entend. Le Sahel retient et le Sahel comprend. Notre Sahel est déterminé à défendre sa liberté, ses ressources et sa dignité, quel qu’en soit le prix».
Ali Mahamane Lamine Zeine de rassurer toutefois que « Notre pays est aussi debout parce qu’il prend la parole au sein de notre organisation commune, l’ONU, et compte parmi ses membres des pays avec lesquels nous avons une coopération fructueuse fondée sur le respect mutuel »
Sur le registre, le Premier indiquera que ‘’Nous demeurons ouverts à toute coopération sécuritaire tenant compte de nos intérêts stratégiques, de l’intérêt réciproque et du respect de notre souveraineté»
‘’J’affirme que notre Refondation n’est dirigée contre personne. Elle traduit notre volonté de compter sur nous-mêmes, d’avoir le contrôle total de nos ressources ainsi que la responsabilité de nos choix et de nos alliances’’, a-t-il précisé, défendant ‘’des relations internationales fondées sur la coopération, la dignité, la souveraineté et le respect mutuel’’.
Le Premier Ministre de conclure à ce sujet que « Le Niger est un pays de paix. Il n’a jamais porté la guerre et ne la portera à l’encontre d’un autre pays ; mais il est déterminé à se défendre et à contrôler ses ressources naturelles ».
L’AES comme paravent au néocolonialisme
Dans son discours à la Tribune des Nations Unies, M. Ali Mahamane Lamine Zeine a expliqué le processus de création de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES). Il a présenté cette Organisation comme ‘’la résultante d’un mouvement qui vient du fond des âges, c’est un changement profond, durable, irrépressible et irréversible qui, éboutant les griffes acérées de l’impérialisme, abolissant la traite des Noirs et l’esclavage, renversant le colonialisme et le néocolonialisme, emporte les peuples d’Afrique vers l’indépendance, la souveraineté et la liberté’’.
Pour le Premier Ministre nigérien, l’AES est l’aboutissement ‘’d’un long combat historique de nos peuples face à la colonisation et au néocolonialisme, est désormais un processus irréversible vers la souveraineté de nos pays. Il faut bien s’en convaincre, le siècle que nous vivons marque la fin des vieilles hégémonies et le réveil des forces jusqu’ici assujetties’’.
« La souveraineté de nos États n’est pas négociable. Nos ressources appartiennent à nos peuples. Notre avenir ne se décidera plus ailleurs », a-t-il soutenu.
Des résultats probants des réformes de la refondation
Devant les représentants des États à la 81ème session des Nations Unies, le Premier Ministre nigérien a aussi présenté le visage du Niger depuis l’avènement du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, Organe Militaire dirigeant depuis le 26 juillet 2023.
Il a rappelé qu’en juin 2025, l’État du Niger a repris le contrôle de la Société des Mines de l’Aïr. « Nos ressources sont désormais gérées par nous et pour nous, et le Niger entend commercialiser son uranium sur le marché international, en toute transparence et dans le strict respect de ses obligations de non-prolifération des armes nucléaires », a soutenu M. Zeine.
Il a poursuivi en indiquant que le Niger est devenu, en 2024, exportateur de pétrole brut grâce à l’oléoduc reliant AGADEM à la côte atlantique, le plus long du continent africain, faisant du Niger l’une des économies à la croissance la plus rapide du continent en 2025. Ces revenus vont à la sécurité, à l’agriculture, à l’électrification, à l’eau, à l’éducation et à la santé de nos concitoyens».
M. Lamine Zeine a aussi relevé la création du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie, alimenté par les contributions volontaires de millions de Nigériens qui ont compris que la souveraineté a un prix, et qu’ils sont prêts à payer.
Le Premier Ministre de se réjouir des progrès remarquables observés sur le terrain ‘’après trois années de rupture avec l’ordre ancien’’.
Notre économie a enregistré une croissance de 7 % en 2025, portée surtout par le pétrole et l’agriculture.
L’inflation, qui avait atteint 9,1% en 2024, est retombée à -4,7%, grâce notamment à une production agricole exceptionnelle et à une réduction ciblée des tarifs des carburants et du prix du ciment, a-t-il illustré.
M. Ali Mahamane Lamine Zeine a aussi rappelé les grandes initiatives portées par le Programme de Refondation du Président de la République, notamment le Programme Grande Irrigation, doté de 526,7 milliards de francs CFA et qui vise à aménager 21 200 hectares de nouveaux périmètres irrigués.
Dans le même registre il a annoncé les résultats satisfaisants enregistrés dans le domaine de la santé avec la réduction de 50 % des coûts des prestations dans les formations sanitaires publiques et la gratuité des accouchements, la prise en charge des enfants de 0 à 5 ans et la dialyse, décidées par le Gouvernement. La nouvelle initiative, a-t-il indiqué, se traduit par un taux d’accouchements assistés qui est passé de 36 % en 2022 à 42,5 % en 2025, et celui des consultations prénatales de 32,7 % à 38,2 %.
Sur le plan de l’éducation le Premier Ministre a relevé qu’elle est gratuite et obligatoire pour tous les enfants dans les écoles publiques et une réduction de 20 % des frais de scolarité dans les établissements privés a été décidée en juillet 2025.
Les exigences du Niger en matière de diplomatie
A la tribune des Nations Unies, le Premier Ministre nigérien a défendu également la nouvelle ligne diplomatique du Niger.
«Nous croyons en des relations internationales fondées sur la coopération, la dignité, la souveraineté et le respect mutuel. Notre conviction est qu’aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut s’arroger le titre de gendarme du monde ».
«… le Niger respecte le choix des autres et ne demande à personne de partager les siens ; il demande à chacun de les respecter. Il entend exercer pleinement sa souveraineté sur ses ressources naturelles, et n’acceptera plus jamais aucune restriction imposée de l’extérieur à son droit souverain de choisir librement ses partenaires. Ce droit est inaliénable ; il ne se négocie pas.»
Pour le Premier Ministre Ali Mahamane Lamine Zeine, la condition de la restauration de la confiance au sein des Nations Unies repose sur ‘’la même considération’’ pour tous les États ; ‘’le droit à l’égalité souveraine, à l’intégrité territoriale, au libre choix des partenariats et à la non-ingérence’’.
Adoum Boulkassoum














